Conflit des éboueurs à l'AgglO d'Orléans

Publié le 26/01/2009 à 11H48
Commencée le 26 décembre 2008, la grève des éboueurs de l'AgglO d'Orléans s'est terminée le mardi 20 janvier 2009. C'est le conflit le plus long et le plus dur qu'a connu cette administration depuis sa création. La CFDT, majoritaire à l'AgglO, n'a pas appelé directement à l'action, cependant elle n'était pas en dehors des négociations officielles. Au final, les revendications portées par la CFDT sont en totalité obtenues, la grande majorité des agents de l'Agglo la remercie de ces avancées, à savoir 30 euros d'augmentation de primes par mois pour les 325 agents de la catégorie C.
Conflit des éboueurs à l'AgglO d'Orléans
Conflit des éboueurs à l'AgglO d'Orléans
Commencée le 26 décembre 2008, la grève des éboueurs de l'AgglO d'Orléans s'est terminée le mardi 20 janvier 2009. C'est le conflit le plus long et le plus dur qu'a connu cette administration depuis sa création. La CFDT, majoritaire à l'AgglO, n'a pas appelé directement à l'action, cependant elle n'était pas en dehors des négociations officielles. Au final, les revendications portées par la CFDT sont en totalité obtenues, la grande majorité des agents de l'Agglo la remercie de ces avancées, à savoir 30 euros d'augmentation de primes par mois pour les 325 agents de la catégorie C.

 Commencée le 26 décembre 2008, la grève des éboueurs de l’AgglO d’Orléans s’est terminée le mardi 20 janvier 2009. C’est le conflit le plus long et le plus dur qu’a connu cette administration depuis sa création.

La CFDT, majoritaire à l’AgglO, n’a pas appelé directement à l’action, cependant elle n’était pas en dehors des négociations officielles. Au final, les revendications portées par la CFDT sont en totalité obtenues et la grande majorité des agents de l’Agglo la remercie de ces avancées, à savoir 30 euros d’augmentation de primes par mois pour les 325 agents de la catégorie C. Les montants des primes des agents de catégories A et B, c'est-à-dire les cadres intermédiaires et les cadres, n’étaient pas sur la table des négociations.
 La presse s’est fait l’écho des vives critiques que la CGT a porté contre la CFDT, l’accusant de trahison. Ces accusations jettent un trouble sur le comportement de la section CFDT mais aussi, les raccourcis étant vite faits, sur la CFDT dans son ensemble.
 
Rappel des faits
En janvier 2008, Monsieur Lemaignen, Président de l’AgglO, propose à la direction administrative, aux représentants élus du personnel et à des agents de toutes les directions, en tout une trentaine de personnes, de constituer un groupe de travail pour revoir le régime indemnitaire des agents de la catégorie C. Il a pour mission de faire des propositions pour la fin de l’année 2008. Après plusieurs réunions échelonnées sur l’année,  le groupe de travail soumet en septembre 2008,  trois hypothèses de travail :
Hypothèse n°1 : statut quo, zéro augmentation,
Hypothèse n°2, position défendue par la CFDT : revalorisation de 30 euros net par mois  et par agent catégorie C, soit 30X325x12= 117 000 euros soit 150 000 € avec les charges,
Hypothèse N°3, position défendue par la CGT : 100 euros par mois et par agents de catégorie C, soit 100X325X12=500 000 euros avec les charges.
 
Lors du Comité technique paritaire du 15 décembre 2008, ces trois hypothèses sont débattues et le Président annonce qu’il envisage de retenir l’hypothèse n°2. Au préalable, il doit avoir l’avis de la Commission des Communes qui réunit les 22 maires de l’AgglO le 15 janvier 2009, cette revalorisation pouvant avoir des répercutions sur les communes. Le président propose donc aux élus du personnel de donner sa réponse le 16 janvier.
La CFDT donne son accord pour ce calendrier. La CGT, elle, se fâche, accuse le président de vouloir gagner du temps et annonce qu’elle dépose un préavis de grève à partir du 26 décembre pour l’ensemble des agents de catégorie C de l’Agglo.
Surprise par cette annonce, la CFDT dit à la CGT que beaucoup d’agents ne sont pas là pendant les congés de Noël et qu’une grève à ce moment ne lui semble pas la mieux placée et que d’autre part, elle préfère attendre la proposition du 16 janvier et partir en conflit si cette dernière ne la satisfait pas.
La CGT persuadée que M. Lemaignen va céder en raison des fêtes de fin d’année, décide de partir seule et elle se rend compte rapidement que seuls les éboueurs sont dans l’action. Sur les 100 agents de ce service de nettoiement, 40 éboueurs environ seront grévistes tout au long du conflit.
M. Lemaignen ne cède pas, maintient son calendrier ; le conflit s’enlise et les ordures s’amoncellent…
Pour tenter de nettoyer les 6 villes concernées (Orléans, ST Jean de La Ruelle, ST Jean de Braye et Olivet, Saran, Semoy), il procède à des réquisitions d’agents, qui, pour la plupart, refusent de travailler. Ces réquisitions sont condamnées fermement par la section CFDT.
Orléans et Olivet font appel à des sociétés privées et la section CFDT dénonce cette tentative de briser la grève.
Quand le secrétaire de la CGT, est assigné au Tribunal pour blocage de la voie publique, la section CFDT condamne publiquement cette assignation.
 
 Début janvier
Les tasd’ordures dans les rues ne peuvent plus être ignorés…Le conflit des éboueurs s’enliser et l’idée circule que les 100 euros ne doivent revenir qu’aux seuls éboueurs puisque eux seuls sont dans la grève….
 La CFDT fait un courrier le 8 janvier au Président de l’AgglO pour lui demander de ne pas oublier les agents de la filière administrative. A ce moment là, la section CFDT n’est plus neutre dans le conflit. Elle dit dans la presse que la proposition CGT est irréaliste et démagogique, arguant du fait qu’au vu du contexte actuel de crise, 500 000 euros ne peuvent être débloqués.
 
15 janvier, date de la Commission des Communes, le président de l’AgglO reçoit comme mandat des élus majoritaires de proposer 50 000 euros. Céder au conflit affole les maires UMP, ils ne veulent pas créer de jurisprudence et donner des idées à leurs propres agents…..
 
16 janvier 8h30. Réunion de négociation : la proposition de 50 000 euros sinon rien est bien sur rejetée par la CGT, mais aussi par la CFDT. La CFDT annonce que si cette proposition est maintenue, elle appellera dès le lundi suivant l’ensemble des agents de l’AgglO à la grève illimitée.
 
16 janvier 14h. A à la demande du président, une nouvelle réunion est provoquée. Y assistent les militants des deux organisations syndicales, le Président et une dizaine de maires dont le maire d’Orléans. Monsieur Lemaignen finira par proposer 30 euros net par mois et par agent de catégorie C à partir de mars 2009.
 
La CFDT accepte et signe, ces revendications étant satisfaites.
 
La CGT refuse, réclame 100 euros, dit qu’elle consultera sa base lundi matin et accuse de traître la CFDT.
 La CGT en grève le lundi 19 janvier passera sa journée à négocier un protocole de sortie de crise. Elle n’obtiendra pas le paiement des jours de grève mais son étalement, le déblocage d’une enveloppe de 18 000 euros d’heures supplémentaires pour nettoyer les villes jusqu’au 1er février et aucune sanction contre les grévistes y compris ceux qui ont refusé les réquisitions.
 
Traitre la CFDT ? La CFDT n’a jamais eu depuis le départ de position commune avec la CGT pour la gestion de cette affaire, elle n’a jamais cru possible l’obtention de 100 euros. Elle n’a pas pu trahir puisqu’elle n’a jamais été sur les mêmes bases revendicatives que la CGT. A noter qu’elle a toujours maintenu le dialogue avec la CGT tout au long du conflit. Elle est restée ferme sur ses revendications qui convenaient à la majorité des agents concernés.
La seule menace d’entrer dans le conflit a suffi pour qu’elle obtienne ce qu’elle demandait.
 
Enfin, ce conflit laisse néanmoins de graves blessures personnelles, des militants CFDT ont été agressés, insultés et surtout une militante CFDT a été menacée de viol collectif, insultée par une poignée de grévistes.
Une plainte a été déposée à la police et une enquête administrative a été ouverte. La militante est arrêtée pour 15 jours en accident du travail.
Interco 45 condamne avec force de tels comportements et demande que soient condamnés les coupables.